29 mars 2012

Le Master espace public en jeu. Réactiver l’espace public. Inventer de nouvelles civilités.

Les étudiants du Master Espace Public planchent sur le jeu à partir d'un appel à proposition conçu par l'équipe pédagogique. Les réponses à cet appel à proposition sont présentées les 29 et 30 mars devant un jury, puis le 26 avril à la Cité du Design de Saint-Etienne devant un plus large public. Cette présentation publique peut être accompagnée d’une mise en situation d’activation citoyenne (lieux et dates précises à déterminer par les équipes en fonction des scénarii).

"JEUX EN VILLE . Réactiver l’espace public. Inventer de nouvelles civilités.

Cet appel à proposition et cette présentation publique auront pour objectif essentiel de permettre aux étudiants inscrits au concours, de saisir le contexte historique, géographique et culturel, ainsi que  les enjeux contemporains du sujet tant du point de vue politique que sociétal. L’urbanité métropolitaine, au sens ici des mobilités dans les pratiques citadines, ainsi que la conception des espaces publics seront au cœur du sujet.

A- L’état de l’art comparatif prendra la forme pour chaque ville d’une documentation par l’image, raisonnée, donnant lieu à un classement analytique, facile à manipuler. Il s’appuiera sur les travaux déjà localement réalisés en la matière (en spécifiant les sources et les méthodes de recueil1) mais en produira de nouveaux et trouvera à s’exprimer de façon à apporter aux concepteurs, élus, praticiens, théoriciens, une lecture renouvelée des jeux dans la ville. Cet état de l’art se ne réduira pas aux jeux d’enfants mais bien à toutes les pratiques ludiques urbaines, formelles et informelles, pour peu qu’elles répondent aux critères du jeu, qu’elles permettent de considérer en quoi le jeu peut être une façon de s'installer dans l'espace, de s'y sentir légitime tout en le transformant le temps d’une partie. Le propre du jeu c'est de poser un cadre délimité d’action participative, d’inventer des rôles, de proposer des épreuves et des objectifs et également des règles qui, si elles sont respectées, donnent toute légitimité aux joueurs d'être là, présents, de prendre au sérieux les enjeux du jeu, de se prendre au jeu.

B- Les scénarii seront essentiellement composés de mise en formes variées sur supports divers qui tenteront de présenter des expressions de jeux de rue, que ce soit sous la forme d’aires, de parcours, d’espaces de rencontre ou de convivialité ou d’espace de jeux virtuels, d’objets ludiques en tout genre - standardisés, adaptés ou bricolés – et  dont les fonctions sont de JOUER et de se RASSEMBLER dans des temporalités adaptées aux modes de vie citadins.
On se focalisera plus particulièrement sur les dispositifs qui proposent un espace-temps « d’être ensemble » où l’intergénérationnel et l’interculturel seront questionnés.
On sera attentif à ne pas considérer le jeu uniquement comme temps ou espace ludique et amusant mais aussi comme cadre qui permet une immersion dans une dimension spatiale et temporelle de la ville. Ce temps-ci, déconnecte aussi du contexte urbanistique, fonctionnel et matériel dans lequel s'effectue le jeu ou plutôt il permet de revisiter l'espace et le temps d'une façon différente, il permet de considérer les lieux ordinaires ou les tensions de la vie citadine (par exemple les enjeux de sécurité dans l’espace public) sous un autre angle, à travers un autre prisme2
Le fait de "jouer le jeu" ouvre de nombreuses possibilités de « matières à projet » dans la conception des espaces publics contemporains. "Jouer le jeu" autour d'un projet urbain ou d'une proposition (comme quand un collectif propose des interventions dans l'espace public par exemple) est la condition sine qua non pour que les conditions d'existence des projets se réalisent. On parle également souvent du jeu des acteurs de la ville, de la ville comme d'un théâtre, des jeux de pouvoir, du théâtre des opérations, etc.…, bref de toute une série d'expressions usant de l’analogie du jeu pour exprimer les rapports entre les gens dans la ville. Qu’en retirer pour le présent appel à projet ?

L’esprit de cet appel à projet est double :
-  Valoriser la dimension créatrice et l’ingéniosité de ces dispositifs/objets qui se manifestent malgré (ou à cause) de nombreuses contraintes liées à leur usage: légèreté, attractivité, mobilité, sécurité, ergonomie, esthétique, etc….
- Considérer ces dispositifs/objets comme le ferment de transformations urbaines et sociétales ou, en tous cas, pouvant répondre aux  attentes et aux aspirations des populations urbaines en quête de nouvelles civilités.

Pour se faire, cet appel à contribution est lancé auprès d’équipes pluridisciplinaires de designers, d’architectes, d’urbanistes, de sociologues, de paysagistes, d’historiens des pratiques urbaines et de tous les esprits curieux, observateurs et créatifs, afin de recueillir documents et scénarii sur le sujet. Les travaux et les projets les plus pertinents et les plus significatifs seront présentés publiquement fin avril auprès des citoyens, praticiens et des élus."
 
1 Le travail de documentation dans les archives institutionnelles publiques et privées semble être un préalable à cet état de l’art. Voir également le travail réalisé par la Cartonnerie à Saint-Etienne.
2 Voir à ce sujet le jeu Sugoroku proposé à Saint-Etienne par Catherine Beaugrand, artiste lors de la biennale du design 2008, depuis la Cité du design jusqu’au plateau de Montreynaud. L’action consistait à accomplir un parcours accompagné par son téléphone mobile, et un plan de la ville.

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