13 octobre 2015

Agir le commun, agir en commun ?

Ce samedi 10, Carton Plein était à l'Ecole d'architecture de Lyon pour réfléchir à la notion de "commun" ou de "communs" et témoigner de son expérience d'agir en commun en présentant son travail dans le cadre de l'événement  Faire la ville en (biens) communs ?

"La notion de « communs » a connu ces dernières années un regain d'intérêt, en même temps que se développent des initiatives visant à générer, gérer et partager des ressources et à répondre aux aspirations de collectifs souvent issus de l'économie collaborative, du numérique et de l'écologie : jardins partagés, habitat participatif, cartographie et semences libres, tiers lieux, fablab, monnaies locales, communautés de défense du patrimoine (écologique, culturel ou industriel), mobilités ou énergie partagées, sciences et contenus éducatifs ouverts, échanges de savoirs, etc.
Les communs ont jusqu'ici surtout été abordés sous des aspects économiques et juridiques et commencent seulement à questionner la dimension territoriale, notamment parce que les formes de citoyenneté qui sous-tendent l’action des collectifs autour des communs renouvellent les fondements de la démocratie participative et le sens de la référence au territoire.
L'objectif de la journée est ainsi de mieux comprendre comment ces nouvelles initiatives qui se construisent en "communs" transforment nos territoires : comment mobilisent-elles la dimension spatiale, de quelles manières (re)travaillent-elles les territoires de l'urbain ? Dans quelle mesure dépassent-elles le localisme, les valeurs de la proximité et de la communauté, et engagent-elles d'autres échelles d'action ? Comment se structure socialement et politiquement la ville avec les communs ?
Organisé en trois temps - une table-ronde, une galerie de projets locaux et régionaux, des ateliers scientifiques -, l'événement est ouvert au grand public, aux acteurs de la société civile intéressés par les communs et aux acteurs de la recherche. Il est porté conjointement par le festival "Le temps des communs", (collectif Lyon/Rhône-Alpes) et l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Lyon  (équipe de recherche EVS-LAURE)."

Différents chercheurs très inspirants (Catherine Neveu, Christian Laval, Yves Bonny, Pascal Nicolas le Strat, Eric Charmes, Sandra Fiori...) et de nombreux porteurs de projets sont venus croisés ici leurs regards. Ces rencontres ont ouverts de nombreuses questions... d'abord qu'est ce que le commun et d'où vient cette notion (pas perçue de la même manière selon les langues et cultures) ? comment la pensée du commun peut elle venir au secours de notre société pour dépasser le clivage public/ privé ? Qu'est ce qui fait commun ? Comment et par qui se détermine-t-il ? Doit-il être institué et comment ? Ou est-ce que c'est l'expérience de chacun qui le fabrique et lui donne sens ? Le Commun,  pour y faire quoi ? Cette notion du Commun "au travail", non-définie, devient riche par ses mouvements d'acceptation, comme a pu le préciser Pascal Nicolas Le Strat, peut être cette notion doit elle rester en chantier permanent ?
Notre stand !
Autour du stand beaucoup d'engouement : d'abord les étudiants d'architecture, ou plutôt étudiantes, très intéressées et posant des questions pragmatiques et quasi philosophiques. Nous sentons que l'intervention sous forme de collectif, associative, n'est plus un positionnement hors cadre mais devient palpable et possible comme débouché pour ces nouvelles générations d'étudiants. Ensuite, des personnes en reconversion professionnelle, en questionnement sur leur pratique, qui souhaite renouveler leurs approches. Souvent, un passage dans un autre milieu, ou une expérience à l'étranger devient fondatrice de l'envie de changement. Et puis bien sur d'autres initiatives qui mettent au travail le commun : des associations culturelles qui investissent des interstices (comme ABI/ABO), beaucoup d'associations écologiques qui se battent pour la défense de la biodiversité ou créer des espaces d'échanges autour de ces questions... Riche !
En pleine période d'introspection et de réflexion sur nos pratiques (recherche PUCA : hors champ de la production de la ville) cette journée a été très riche. On regrette toutefois toujours la forme qui donne l'impression de courir après le temps... difficile alors de construire du commun !  Mais des suites sont certainement envisagées... A suivre ... le Festival francophone des communs se poursuit partout en France jusqu'au 18 octobre prochain !




1 commentaire:

  1. Tout cela avait l'air bien riche ! Dommage, retenu par un projet québecois à cette date !

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